The principles are currently being developed by the expert committee. The current text is a draft.
Les Principes directeurs sur le pluralisme éducatif
INTRODUCTION. Le pluralisme éducatif désigne les systèmes d’éducation dans lesquels plusieurs types de prestataires dispensent l’enseignement, et l’État conserve la responsabilité de garantir à la fois un financement adéquat et des normes de qualité dans le cadre d’un système d’enseignement obligatoire. C’est la manière la plus courante dont les États du monde entier structurent et réglementent leurs systèmes scolaires. Les systèmes éducatifs pluralistes financent une grande variété d’écoles qui se distinguent les unes des autres (par exemple, sur le plan religieux, moral, philosophique, culturel, linguistique ou pédagogique) et les soumettent simultanément à des normes académiques, sanitaires, de sécurité et de qualité. Le pluralisme éducatif est ancré dans les principaux instruments internationaux, régionaux et nationaux relatifs aux droits de l’homme et s’articule autour de quatre principes clés fondés sur des arguments juridiques et philosophiques.
PREMIÈREMENT. L’éducation est une entreprise guidée par des valeurs et constitue un processus tout au long de la vie. L’éducation forme une unité essentielle en ce qui concerne les contenus et les outils d’apprentissage, la culture, les politiques de personnel et les pratiques pédagogiques, entre autres. Chaque élément de l’éducation est intrinsèquement formateur et contribue au développement global de l’apprenant. L’éducation vise au plein développement de la personnalité humaine et à l’épanouissement de sa dignité. L’éducation n’est pas neutre à l’égard de la religion, de la croyance, de la philosophie et des valeurs, parmi d’autres notions culturelles. Le pluralisme éducatif soutient donc une diversité d’options éducatives qui se distinguent les unes des autres de manière significative.
DEUXIÈMEMENT. L’éducation est à la fois un bien commun et un bien personnel. Les opportunités et les capacités de la prochaine génération ont un impact non seulement sur les jeunes et leurs parents, mais aussi sur les sociétés dans lesquelles ils vivent. Ce bien commun et personnel justifie que les États établissent des normes de disponibilité, d’accessibilité, d’acceptabilité, d’adaptabilité et de responsabilité que tous les programmes éducatifs doivent respecter. Même lorsque plusieurs acteurs dispensent l’éducation, l’État conserve la responsabilité de veiller à ce que l’éducation serve le bien commun en la finançant, en fixant des normes minimales et en garantissant un accès équitable.
TROISIÈMEMENT. L’éducation est la responsabilité partagée des familles et de l’État. L’éducation s’appuie sur la société civile pour sa réalisation. Dans un système éducatif pluraliste, les trois acteurs sont essentiels. Les parents et l’État, en coopération avec la société, dispensent l’éducation, tandis que l’État joue le rôle de garant du financement, de la qualité, de l’accès et de la prestation éducative. Un système éducatif pluraliste permet la participation active de la communauté au processus éducatif, favorisant la collaboration entre parents, enseignants, élèves et société dans son ensemble, et promouvant le dialogue entre les générations.
QUATRIÈMEMENT. Les options éducatives doivent être accessibles à toutes les familles. Les mécanismes de financement public doivent respecter les normes des droits de l’homme et être équitables, transparents et orientés vers l’apprenant. Les choix éducatifs ne doivent pas dépendre des capacités financières des familles, et l’État doit s’efforcer d’offrir le plus grand nombre possible d’options éducatives. Le pluralisme cherche à garantir que ces options soient disponibles, accessibles, acceptables, adaptables et responsables vis-à-vis de toutes les familles dans le cadre de l’enseignement obligatoire.
CONCLUSION. Le pluralisme éducatif est une pierre angulaire du droit à l’éducation et de la dignité humaine. Le pluralisme contribue ainsi à la diversité, qui elle-même favorise une éducation inclusive et de qualité. Le pluralisme éducatif favorise le bien commun et renforce la formation civique et la cohésion sociale. Les États sont tenus de garantir l’existence d’options éducatives qui reflètent les valeurs et les responsabilités des familles, même s’il appartient aux gouvernements, en tant que garants, de veiller à l’existence de normes d’apprentissage solides pour tous.